historique
L’histoire des archives en Guinée commence avec la colonisation, c’est-à-dire à partir de l’établissement de l’administration française caractérisée par la civilisation de l’écriture.
Les archives de Guinée sont créées par un texte local de 1914 en application de l’arrêté général du 1er juillet 1913. A cette époque, les archives formaient une section du Cabinet du Gouverneur. Transférées de Conakry à Kouroussa pendant la 2e guerre mondiale, elles ont été ramenées en 1914 et déposées dans un local de l’ancien Lazaret abandonné par le service de la santé sur la presqu’île de Boulbinet. Elles devenaient à partir de ce jour une section du centre local de l’IFAN (Institut Français d’Afrique Noire). A l’accession à l’indépendance de la Guinée, le centre local de l’IFAN fut érigé en I.NR.D.G (Institut National de la Recherche et de la Documentation de Guinée) qui, quelques années plus tard, déménageait toutes ses sections sauf le dépôt des Archives nationales dont le déplacement pose des problèmes beaucoup plus complexes.
La bibliothèque et les Archives nationales ont constitué la division Documentaire de l’I.NR.D.G. Jusqu’en 1979, date à laquelle chacun des deux centres documentaires devint une division spécialisée de l’I.N.R.D.G.
De 1986 à 1992 les archives nationales ont été rattachées tour à tour au Ministère de l’Information et de la Culture, au Ministère de la Jeunesse, de la Culture, des Arts et des Sports, au Secrétariat Général de la Présidence.
La situation des archives de Guinée empire de 1960 à 1983. Au lendemain de l’Indépendance, la production documentaire des administrations croît à un rythme jamais atteint du fait de la multiplication des services publics et du changement de leur rythme et de leur modalité d’action.
La volonté du gouvernement guinéen de sauver les Archives de notre pays s’est caractérisée par :
- Les circulaires présidentielles du 5 janvier 1966 et du 26 mai 1969 relatives à la conservation et au classement des archives des régions administratives (aujourd’hui préfectures) ;
- Le rapport établi en 1969 par M. KECKEMETI dans le cadre d’une enquête générale sur la situation des archives des pays de l’ancienne AOF ;
- Le rapport en 1982 sur la construction d’un complexe documentaire Archives nationales- Bibliothèque nationale par M. FAYE, dans le cadre d’une mission de l’UNESCO ;
- Le rapport rédigé en 1984 par M. Jacques CHARPY, sur les Archives de la République de Guinée à la suite d’une mission en Afrique occidentale francophone financée par la coopération française ;
- L’enquête menée en 1986 par H. SENE et A. TENDENG sur la situation archivistique dans les pays de l’Afrique de l’Ouest d’expression française, de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar avec la collaboration de B. WEILBRENNER, des Archives fédérales du Canada. Enquête réalisée par le CIA et l’ACDI (Agence canadienne pour le développement international).
Malgré les efforts déployés, les Archives ont gardé leur image d’institution culturelle, sans liens directs avec l’action administrative, politique et économique des pouvoirs publics.
Ainsi, les services d’archives se sont occupés de l’administration et celle-ci fonctionne dans la plupart des cas sans intégrer dans ses activités la fonction d’archivage. Le résultat de cet état de fait s’est manifesté par un désordre documentaire et destruction fréquente de documents. Ce phénomène a été observé aux niveaux central et local, dans les entreprises et dans tous les services administratifs.
Avec la proclamation de la 2e République le 3 avril 1984, les autorités guinéennes prennent de plus en plus conscience de l’importance des archives et de leur rôle dans la bonne marche de l’administration. Cela s’est concrétisé par une meilleure prise en charge de ce secteur.
Dès juillet 1988, à la demande du Ministre de l’Information et de la Culture guinéen, Monsieur Jean Le POTTIER (Directeur des services d’Archives du Tarn, France) séjourna en Guinée comme consultant. Cette mission faisait suite à un protocole conclu entre le Ministère et le Conseil international des Archives (I.C.A).
Les recommandations de M. Jean Le POTTIER sont contenues dans son rapport Modernisation des Archives nationales de Guinée, 13-28 juillet 1988. Elles exercèrent une influence significative sur le développement des Archives en Guinée.
Le premier pas vers l’application des recommandations fut l’adoption et la publication de nouveaux textes officiels sur les Archives de Guinée (cf. décrets 197 et 198). Le second fut la sélection d’un hangar à restaurer pour loger les Archives nationales. Le troisième fut le développement d’un programme de formation des cadres des Archives nationales en France avec l’appui de la Coopération française.
Jusqu’en 1980, les Archives de Guinée souffraient d’un manque de textes réglementaires régissant le secteur des archives. Chaque service public gérait ses documents à sa guise, sans qu’aucune règle générale ne vienne préciser ses obligations tant en matière de sauvegarde des droits de l’Etat ou des particuliers qu’en matière de conservation du patrimoine national.
En 1988, les Archives de Guinée opéraient depuis huit ans déjà sous le décret no 430/PRG du 7 août 1981 portant création à la présidence, à la permanence nationale du parti, dans chaque département ministériel et dans chaque région administrative d’un dépôt d’archives dénommé ‘’service des archives administratives’’ chargé d’archiver les documents datant de moins de 10 ans. A l’expiration de ce délai, les documents devraient être versés aux Archives nationales. Ces services devaient être placés sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et avoir à leur tête des directeurs nommés par celui-ci, à l’exception de la Présidence, également la création d’une inspection des archives administratives nationales et régionales relevant de la Présidence.
Ce décret ne semble pas avoir eu de conséquence sensible sur les services d’archives ministériels ou locaux, dont l’existence ou la gestion continuaient à dépendre du seul bon vouloir de leur autorité de tutelle. Il a effectivement provoqué la création d’une Direction des Archives et de la Documentation à la Présidence et d’un poste d’inspecteur des Archives, mais sans doctrine et sans moyens.
Depuis septembre 1988, la Guinée commence à se doter d’un arsenal de textes officiels relatifs aux Archives et d’une structure organisée chargée de les faire appliquer. Ces textes, qui visent nommément les archives, sont les suivants:
- Décret no 197/PRG/SGG/88 du 28 septembre 1988 fixant les attributions et l’organisation des Archives nationales ;
- Décret no 198/PRG/SGG/88 du 23 septembre 1988 portant réglementation des archives publiques
- Arrêté conjoint no 0337/PRG/SGG/88 du 5 octobre 1988 fixant le cadre organique des Archives nationales.
Par ailleurs, le chapitre III du décret no 197 prévoit la création d’un conseil supérieur des Archives, déjà institué par l’article 6 du décret no 134 du 15 juin 1988 portant organisation du Ministère de l’Information, de la Culture et du Tourisme.
En 1992, à la faveur de la restructuration de nombreux ministères, l’article 6 du décret no 92/130/PRG/SGG du 26 mai 1992 est modifié, de sorte que la Direction des Archives nationales est rattachée au Secrétariat Général de la Présidence (cf. décret no 92/323/PRG/SGG du 17 décembre 1992).
Il faut aussi dire que la Direction des Archives nationales a sous sa tutelle le dépôt légal, suite à la loi no 91/005 du 23 décembre 1991 sur la liberté de la presse créant ce dépôt (cf. art. 14, 15, 16 et 17).
Partenariats
La DAN est membre
- Du réseau de l’International Council on Archive (ICA) affiliée à la branche régionale de l’Afrique de l’Ouest WARBICA ;
- De l’Association Internationale des Archivistes Francophones (AIAF) ;

Archiver les données numériques
Un projet d’archivage à l’ère du numérique
La DAN met en œuvre son projet de transition numérique s’inscrit à la fois dans le Projet des Archives nationales (2024-2025) et dans le panorama des grands projets numériques de l’État.
Il avait pour objectif d’adapter les outils, les procédures et l’organisation de la chaîne archivistique des Archives nationales, pour répondre aux enjeux de conservation de l’information numérique sur le long terme.